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Ça n’est pas un cours d’histoire sur une guerre coloniale du passé. Ça s’est passé ce matin, mardi 18 avril 2006 au camp de la Madeleine. 17 véhicules dont 8 camions chargés d’hommes armés contre un ennemi que l’on dénonce pour être impitoyable font partie des moyens utilisés par les forces militaires françaises en Nouvelle-Calédonie sur demande de la présidente du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, Marie-Noelle Themereau. 10 femmes – ces Vieilles, avec la majuscule que notre éducation nous impose par respect - et une douzaine d’hommes d’un certain âge, les plus jeunes étant sur le front, gérent le camp, s’apprêtant à préparer le repas de tous ceux « en position » ailleurs.

Les militaires chargent une première fois, faisant deux blessés dont un gravement touché au genou. Une trêve est proposée par les militaires pour traiter le blessé et l’évacuer sur le dispensaire de Yaté. Au dire des militants, ils en ont surtout profité pour recharger leurs armes. La route est dégagée, les femmes et les hommes se sont retranchés dans les baraques faites de bâches et de tôles recyclées. Seconde charge, toutes les baraques du campement sont détruites. Dix-huit personnes, femmes comprises, sont arrêtées, les hommes menottés.
Ce qui choque plus nos mères et nos tantes, n’est pas le comportement de ces militaires, mais plus qu’ils agissent à la demande de cette femme, mère sans doute, qui préside à la destinée de notre pays. Elles savent ce qu’elles doivent endurer pour leur engagement dans la lutte afin d’assurer à leur descendance une vie meilleure dans un environnement sain et équilibré. 
Attention ennemis redoutables ! Combien de fois n’ont-elles pas posé la question du pourquoi de salaires mirobolants si le lagon est pollué, les poissons contaminés, les feuilles, les taros, l’igname sacrée ne sont plus bons à consommer. Déjà, il y a deux semaines, le mékoua, ce poisson qui vient s’offrir pour les célébrations traditionnelles n’est pas venu au rendez-vous annuel. Est-ce à cause des eaux rouges venues de la mine ? Elles sont outrées de voir que ces chrétiens en armes aient saccagé l’autel qu’elles avaient installé dans une des baraques pour que la foi ne s’éloigne pas trop de leurs enfants et de leurs hommes acculés à se battre pour défendre leurs droits.  Alors, elles se disent que si la présidente du gouvernement et les autorités françaises ont ordonné aux forces militaires de tels agissements, c’est que la France n’est plus la fille aînée de l’Église et encore moins, la patrie des droits de l’homme.

Nous ne savons pas encore si ces femmes et ces hommes arrêtés au camp de la Madeleine ont été conduits au vélodrome de Magenta … |